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Sylvia Bongo Ondimba : « Les écoles gabonaises et leurs environs ne sont pas des espaces sécuritaires et d’épanouissement de nos enfants»

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Le 11 novembre dernier, la troisième édition du Prix Agathe Okumba d’Okwatsegue s’est tenue à la Présidence de la République Gabonaise. Au cours de cette importante cérémonie, la Première Dame du Gabon, Sylvia Bongo Ondimba a fortement dénoncé les violences en milieu lors de son allocution Pour elle : «Les écoles gabonaises ne sont pas des espaces sécuritaires» pour les enfants.

À l’initiative de la Fondation Sylvia Bongo Ondimba pour la famille, la troisième édition du Prix Agathe Okumba d’Okwatsegue a tenu toutes ses promesses, récompensant au passage l’association 3S et l’ONG Agir pour le handicap à l’école, pour leurs actions à l’endroit des enfants et des femmes au Gabon.

À cette occasion, en présence du Président de la République Gabonaise, Ali Bongo Ondimba et du Chef du gouvernement, Rose Christiane Ossouka Raponda, Sylvia Bongo Ondimba s’est montrée très alarmiste au sujet des violences en milieu scolaire lors de sa prise de parole. Pour la Première Dame, les violences en milieu scolaire sont «source d’innombrables inégalités qui risquent de mettre en péril l’avenir de nos enfants, et particulièrement celui des jeunes filles».

《 C’était le 28 septembre 2022. Quelques jours après la rentrée des classes. Un élève de 16 ans s’autoproclame chef de classe et s’arroge le droit de rouer de coups un de ses jeunes condisciples qui avait refusé d’obéir à son injonction de se mettre à genoux. Cet acte a lieu dans une salle de classe. Devant de nombreux autres élèves…S’ensuit une étape de mise en scène où l’agresseur assène de nouveau des coups à sa victime et se fait filmer pour publier sa barbarie sur les réseaux sociaux. Le 23 avril 2022, c’était un jeune collégien de 14 ans, en classe de 3ème, qui a vécu un véritable cauchemar pour avoir manifesté sa compassion envers un autre en essayant de mettre fin à une bagarre à la sortie des cours. Il se confie en ces termes « On m’a poignardé avec un stylo en fer, plusieurs fois au niveau des épaules. » Je pourrais également citer ce parent d’élève qui, à bout de souffle, m’a envoyé un courrier désespéré relatant l’agression sexuelle dont était victime régulièrement sa fillette à la sortie de l’école. Ce père, ayant perdu confiance en nos institutions, a décidé de se saisir lui-même du prédateur pour mettre fin à ce crime. 》, a fait savoir Sylvia Bongo Ondimba lors de son discours à l’occasion de la troisième édition du Prix Agathe Okumba d’Okwatsegue qui a mis un accent particulier sur les violences et l’égalité des genres en milieu scolaire.

Et de poursuivre :《 Ces actes de violence ne se passent pas ailleurs. Ils se passent ici, chez nous, sous nos yeux et s’ajoutent à la longue liste déjà énumérée par ceux qui m’ont précédée》.

Face à ce constat amère, elle déclare :《 Les écoles gabonaises et leurs environs ne sont pas des espaces sécuritaires et d’épanouissement de nos enfants. On y relève diverses manifestations de violence, qu’elles soient de nature sexuelle, verbale, physique, psychologique ou économique. 》

Pour la première fois, Sylvia Bongo Ondimba évoque le phénomène des placements en milieu scolaire

《 Le Gabon est l’un des rares pays d’Afrique à garantir l’accès paritaire à l’école au niveau national, la scolarisation des filles étant même légèrement supérieure à celle des garçons du pré-primaire au collège. Malheureusement, à partir de 15 ans, on constate que le taux de scolarisation des filles décroît de manière significative. Les grossesses précoces, qui concernent près de la moitié des filles âgées de 15 à 19 ans, les violences, le harcèlement, sont autant de facteurs responsables du décrochage scolaire et de l’absentéisme des filles. En effet, plus de 50% des élèves-mères redoublent ou abandonnent l’école l’année de leur première grossesse. Autres aberrations : Selon l’enquête réalisée dans le cadre de l’élaboration de la Stratégie Gabon Égalité, 9% des auteurs de ces grossesses sont des enseignants et

des encadreurs. 20% de ces grossesses sont causées par le phénomène qu’on appelle, par euphémisme, « le placement » (…) mais qui en réalité n’est qu’une forme de prostitution et de proxénétisme entre les élèves. Il ne s’agit pas, aujourd’hui, de savoir à qui jeter la pierre. Notre responsabilité est collective. Parent, enseignant, personnel d’encadrement, ministre, parlementaires, Président, chacun de nous a un rôle à jouer pour mettre fin à ce fléau. 》, a t-elle souligné.

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