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Retour sur la Fête de la Libération à Makokou : Brice Oligui Nguema laisse derrière la parade l’empreinte d’une province transformée

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Les drapeaux seront rangés, les tribunes démontées et les délégations repartiront. Mais à Makokou, quelque chose restera du 30 août 2026 : des bâtiments, des services, des équipements et surtout le sentiment d’une capitale provinciale qui a changé de dimension. En choisissant l’Ogooué-Ivindo pour accueillir la troisième édition de la Fête de la Libération, Brice Clotaire Oligui Nguema n’a pas seulement déplacé une cérémonie nationale hors de Libreville. Il a placé sous les projecteurs une province longtemps associée à l’enclavement et donné à la commémoration une traduction matérielle qui constitue probablement le principal héritage de cette séquence. La presse gabonaise a d’ailleurs largement repris cette idée de « rattrapage infrastructurel », présentant l’Ogooué-Ivindo comme une vitrine temporaire de l’investissement territorial.

Tout avait commencé avant même l’arrivée du Président. Le 24 août, 144 équipements et engins destinés au chantier de l’axe Makokou-Mékambo-Ekata avaient été réceptionnés. Niveleuses, compacteurs, bulldozers, camions et pelles hydrauliques doivent permettre d’accélérer les travaux sur environ 260 kilomètres, avec derrière ce chantier un enjeu autrement plus important que le bitume : désenclaver durablement le nord-est du pays et reconnecter ses bassins économiques. Dans une province où la route demeure l’une des préoccupations essentielles des populations, cette mobilisation technique a constitué un signal particulièrement fort à quelques jours du 30 août.

Le 27 août, Brice Oligui Nguema a lui-même choisi la route. Parti de Ngouoni, dans le Haut-Ogooué, le chef de l’État a rejoint Makokou après près de dix heures de trajet terrestre. Le geste a beaucoup compté dans le récit de cette Fête de la Libération. Parce qu’un Président qui emprunte pendant plusieurs heures les mêmes axes que les populations voit nécessairement autre chose depuis la route que depuis le hublot d’un avion. Plusieurs comptes rendus ont insisté sur les arrêts, les contacts avec les habitants et l’accueil populaire réservé au cortège. La route, cette fois, n’était plus seulement un moyen d’arriver à Makokou : elle devenait un message de proximité.

Le lendemain, la séquence s’est déplacée à Booué. Là, le Président a inauguré un hôpital départemental modernisé disposant notamment d’une maternité, d’un laboratoire, d’un service d’imagerie médicale et d’un bloc opératoire. Il a également mis en service un commissariat et une nouvelle station de traitement d’eau. Cette dernière change concrètement l’équation hydrique locale : la capacité de production passe de 600 à 1 800 m³ par jour, pour une demande estimée à environ 1 600 m³. Pour une ville d’environ 7 000 habitants, le déficit laisse ainsi place, théoriquement, à une capacité excédentaire. C’est précisément dans ce type de réalisation que la notion de « Libération » prend une dimension quotidienne : l’eau au robinet, l’accès aux soins et la sécurité de proximité.

À Makokou même, le 29 août a ressemblé à un véritable marathon d’inaugurations. Le nouveau bâtiment administratif « Nzé Thomas de Bouillon », édifice R+3 doté de 33 bureaux, de trois salles de réunion et d’une grande salle des fêtes, matérialise la modernisation de l’appareil administratif provincial. Le marché municipal moderne vient, lui, répondre aux conditions précaires dans lesquelles de nombreuses commerçantes exerçaient jusque-là. Avec 32 boxes et plus de 150 étals selon les différents comptes rendus, il touche directement l’économie populaire. À cela se sont ajoutés une station Gab’Oil, l’hôtel Ivindo Palace réhabilité, les nouvelles installations de la CNSS et son centre médico-social, ainsi que l’arrivée de la BCEG à Makokou.

L’inauguration de la BCEG revêt, à ce titre, une portée particulière. Elle rapproche l’outil bancaire des entrepreneurs et s’est accompagnée de remises de financements à des porteurs de projets locaux. Là où la Libération pouvait rester enfermée dans une lecture institutionnelle, Makokou a permis au pouvoir d’y associer une dimension économique : entreprendre, accéder au financement, structurer les activités locales et créer de la valeur depuis la province. C’est aussi ce qui explique pourquoi la presse a beaucoup insisté sur la complémentarité des infrastructures : un marché sans financement reste limité ; une activité économique sans routes ni carburant s’étouffe ; un territoire sans hôtels ni administration fonctionnelle peine à attirer les investisseurs.

Puis vint le 30 août. En uniforme, Brice Oligui Nguema a retrouvé l’image du soldat au cœur de la commémoration du changement politique de 2023. Parade militaire, défilé civil, majorettes, communautés autochtones Bakoya, acteurs de la santé, de l’éducation, opérateurs économiques et mouvements associatifs ont donné à la cérémonie une dimension dépassant le seul appareil militaire. Dans les tribunes comme le long du parcours, la ferveur populaire est devenue l’autre image forte de cette édition. L’après-midi, la finale de la Coupe de la Libération, remportée 5-0 par Makokou face à Booué, a prolongé cette communion au stade Alexandre Sambat.

Au fond, la réussite politique de Makokou tient peut-être précisément à cela : avoir fait en sorte que le 30 août ne commence pas le matin du 30 août et ne s’arrête pas à la fin du défilé. La fête a débordé sur la route, l’eau, la santé, le commerce, la banque, l’administration, le tourisme, le sport et la mémoire, notamment avec l’hommage rendu à l’ancien Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet et l’inauguration de son mausolée.

Brice Oligui Nguema repart donc de l’Ogooué-Ivindo avec une image forte, celle de l’uniforme, mais surtout avec un défi bien plus important : faire durer ce qui a été construit. Car le véritable bilan de Makokou ne se dressera pas seulement au nombre d’inaugurations, mais à leur fonctionnement dans un an, trois ans ou cinq ans. Si les équipements sont entretenus, si la route avance, si l’eau continue de couler, si les commerces prospèrent et si les services publics restent opérationnels, alors la troisième Fête de la Libération aura réussi quelque chose de rare : laisser derrière une célébration nationale autre chose que des souvenirs.

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