À Shanghai, ce 3 novembre 2026, Brice Clotaire Oligui Nguema a porté une priorité économique : transformer davantage les richesses gabonaises sur le territoire national. Au cœur des échanges avec les responsables chinois, une demande d’expertise pour la transformation locale du manganèse et des perspectives de coopération dans plusieurs secteurs.

Le manganèse au cœur de l’offensive
Le sous-sol gabonais ne doit pas être le seul à travailler pour l’économie du pays. C’est tout l’enjeu de la démarche engagée à Shanghai par Brice Clotaire Oligui Nguema, qui a sollicité l’expertise chinoise pour développer la transformation locale du manganèse. Derrière cette demande, une ambition : faire en sorte qu’une plus grande part de la valeur issue des ressources nationales soit créée au Gabon. Transformer sur place signifie développer des capacités industrielles, former des techniciens et ouvrir des perspectives d’emploi. Le sujet dépasse donc la seule coopération minière : il touche à la capacité du pays à mieux tirer profit de ses propres richesses.
Cinquante-deux ans d’amitié, des attentes bien concrètes
La rencontre avec les responsables de Shanghai a permis de réaffirmer la volonté des deux pays de consolider une relation diplomatique vieille de 52 ans. Autour des échanges figuraient notamment des représentants chinois du commerce, des transports, de la culture, du tourisme et des affaires étrangères. Cette diversité d’interlocuteurs ouvre un champ de discussions qui dépasse les déclarations d’amitié. Pour Libreville, l’intérêt est de convertir cette proximité en partenariats capables d’accompagner les priorités nationales. La solidité d’une relation bilatérale se mesure aussi aux compétences qu’elle permet d’acquérir, aux activités qu’elle fait émerger et aux débouchés qu’elle crée.

Intelligence artificielle, agriculture, pêche : élargir le jeu
L’intelligence artificielle, l’agriculture, la pêche et l’écotourisme ont également été évoqués. Ces domaines dessinent plusieurs pistes de diversification pour une économie qui cherche à mieux valoriser ses atouts. L’agriculture et la pêche peuvent soutenir la production alimentaire et les activités de transformation ; l’écotourisme peut donner une valeur économique durable à la préservation du patrimoine naturel. Quant à l’intelligence artificielle, son intérêt dépendra des usages concrets et des compétences développées. À ce stade, il s’agit d’axes de coopération discutés : leur portée se précisera avec les projets, les moyens et les modalités de mise en œuvre qui pourront suivre.
Montrer les richesses, convaincre les partenaires
Le président gabonais a aussi présenté les ressources naturelles du pays, qui doivent être mises en valeur lors d’une foire d’exposition consacrée au savoir-faire gabonais. L’enjeu sera de faire découvrir des possibilités de partenariat, au-delà de l’inventaire des richesses disponibles. Car disposer de manganèse, de ressources halieutiques ou d’un patrimoine naturel remarquable ne suffit pas à bâtir une filière productive. Il faut des investissements, des infrastructures, des compétences et des débouchés. Cette vitrine doit ainsi contribuer à rapprocher le potentiel gabonais des acteurs susceptibles de participer à sa valorisation.

Après l’accueil, l’épreuve des résultats
Brice Clotaire Oligui Nguema a salué l’hospitalité du président Xi Jinping et l’accueil chaleureux réservé à la délégation gabonaise. Mais la portée économique de cette visite se jugera dans ses prolongements. Les échanges de Shanghai posent des priorités ; ils ne constituent pas encore des réalisations. Pour les Gabonais, la question sera celle des retombées : quelles activités nouvelles, quelles formations, quels emplois et quelle valeur créée sur le territoire ? En plaçant la transformation locale du manganèse au cœur de sa démarche, le chef de l’État fixe un objectif dont la concrétisation sera attendue. Le tapis rouge ouvre la visite ; les résultats devront lui donner son poids.

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