À un prix hypothétique de 15 euros la tonne, les six millions de tonnes de CO₂ concernées par l’accord avec SEFE représenteraient près de 59 milliards de FCFA. Une simulation, pas le montant annoncé du contrat.
Six millions de tonnes : derrière ce volume, des dizaines de milliards de FCFA pourraient être en jeu. Les accords conclus entre le Gabon et SEFE ouvrent une perspective financière importante, mais leur valeur exacte n’a pas été précisée dans l’annonce relayée par l’Agence gabonaise de presse. Pour mesurer l’enjeu, il faut donc partir d’une règle simple : le volume commercialisé multiplié par le prix négocié à la tonne. Sans ce dernier élément, personne ne peut sérieusement présenter un montant comme une recette acquise.
À 10, 15 ou 20 euros la tonne, les milliards changent d’échelle
Les calculs donnent néanmoins un ordre de grandeur. Si la totalité des six millions de tonnes était vendue à 10 euros la tonne, la valeur brute atteindrait 60 millions d’euros, soit environ 39,4 milliards de FCFA. À 15 euros, elle s’élèverait à 90 millions d’euros, soit 59 milliards de FCFA. À 20 euros, elle grimperait à 120 millions d’euros, soit 78,7 milliards de FCFA. Ces scénarios utilisent la parité de 655,957 FCFA pour un euro : ils illustrent différentes hypothèses de prix, sans prétendre révéler les conditions négociées avec SEFE.
Chaque euro négocié pèse près de 4 milliards de FCFA
Sur un tel volume, le prix unitaire devient déterminant. Un euro supplémentaire par tonne représente six millions d’euros de valeur brute additionnelle, soit près de 3,94 milliards de FCFA. L’enjeu dépasse donc l’annonce d’un grand nombre de crédits : il tient aussi aux conditions commerciales obtenues, aux volumes effectivement livrés et aux frais liés à l’opération. La valeur brute d’une transaction ne correspond pas automatiquement à la somme nette disponible pour le budget de l’État.
Le véritable verdict sera celui des retombées
Ces recettes potentielles pourraient élargir les moyens du pays, mais aucune affectation précise à des écoles, à des hôpitaux ou à des infrastructures ne peut être affirmée à ce stade. L’annonce prévoit le cantonnement des revenus de l’État et un cadre de partage des bénéfices avec les communautés. C’est sur ces engagements que l’opération devra être jugée : combien le Gabon encaissera-t-il réellement, selon quel calendrier et au bénéfice de qui ? Les milliards possibles donnent de la force à l’annonce ; la transparence et les résultats lui donneront sa valeur.

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