En l’espace d’un trimestre, le Gabon a opéré un redressement spectaculaire sur les marchés internationaux. Son spread souverain est passé de plus de 1 100 à 689 points de base, soit une baisse de près de 40 %. Un mouvement brutal qui marque un tournant dans la perception du risque pays.
Début 2025, Libreville était encore considéré comme l’émetteur le plus fragile d’Afrique centrale. Trois mois plus tard, le pays converge avec le Congo-Brazzaville (684 bps) et réduit nettement l’écart avec le Cameroun (535 bps), redessinant les hiérarchies régionales.
Pour les investisseurs, ce basculement est tout sauf théorique. La baisse du spread signifie une réduction immédiate du coût du financement. Sur une émission d’un milliard de dollars, l’économie potentielle atteint environ 50 millions de dollars par an en intérêts, libérant des marges budgétaires stratégiques.
Ce retournement repose sur une séquence politique précise : demande formelle d’un programme avec le FMI le 11 mars, amélioration de la gouvernance financière et lutte contre la corruption saluées par la mission du Fonds, mais aussi un acte fort, le remboursement en juin 2025 d’un Eurobond de 605 millions de dollars malgré des tensions de liquidité.
Au cœur de cette dynamique, l’implication directe de Brice Clotaire Oligui Nguema dans les échanges avec les partenaires internationaux apparaît déterminante. L’objectif est désormais clair : franchir le seuil des 600 points de base pour faire entrer le Gabon dans la catégorie des signatures « investissables » et refinancer l’Eurobond 2031 à des conditions bien plus favorables.

Leave a comment