L’ancien Premier ministre, Alain Claude Bilie-By-Nze a récemment déclaré vouloir aller à la rencontre des populations pour mieux comprendre leurs difficultés quotidiennes. Une annonce qui a de quoi surprendre et soulever de nombreuses interrogations. Comment un homme qui a occupé des postes ministériels pendant plus de dix ans peut-il aujourd’hui prétendre découvrir la réalité du quotidien des Gabonais ?
Bilie-By-Nze a été au cœur du pouvoir, tenant les rênes de plusieurs Ministères stratégiques, entre autres , l’Énergie , la Communication, la Culture, les Affaires Etrangères, avant d’atterrir à la Primature. Si un haut responsable politique, ayant eu accès à toutes les ressources et données de l’État, affirme aujourd’hui devoir « aller vers les populations » pour comprendre leurs problèmes, cela révèle un écart troublant entre les sphères dirigeantes et la réalité du terrain.
Comment justifier qu’en dix ans de gouvernance, il n’ait pas pris la pleine mesure des difficultés que traversent les citoyens ? Quelles décisions a-t-il prises durant ses gouvernances si elles ne reposaient pas sur une connaissance concrète des attentes des populations ? Ces questions mettent en doute non seulement son passé politique mais aussi sa capacité à gouverner efficacement. C’est croire que chaque fois qu’on me voyait sur le terrain en tant que ministre, il allait plus se faire voir , que voir ou constater les différentes attentes des populations.
Derrière cette déclaration, plusieurs hypothèses se posent. S’agit-il d’une simple maladresse de communication ou d’une tentative de se repositionner politiquement en adoptant un discours de proximité ? Dans un contexte où la population réclame davantage de transparence et d’engagement réel de la part des dirigeants, une telle prise de position pourrait être perçue comme une manœuvre opportuniste.
Les Gabonais, qui vivent au quotidien les difficultés économiques et sociales, attendent de leurs responsables politiques des solutions concrètes plutôt que des promesses tardives. Une chose est sûre : si Bilie-By-Nze veut regagner la confiance du peuple, il devra fournir bien plus qu’une simple volonté d’aller à leur rencontre. Il lui faudra expliquer pourquoi, en plus de dix ans de pouvoir, il n’a pas su comprendre leurs attentes. Sinon dans ses conditions, on ne saurait « Oser l’espérance ».