Limité, incohérent et beaucoup trop suffisant, Alexandre Barro Chambrier a raté une occasion en or de séduire l’électorat gabonais qui est appelé à élire son président le 26 août prochain, date du scrutin presidentiel. Sur le plateau de Gabon 24, lors de l’émission 52 minutes, le candidat du RPM n’a pas été convaincant. Pour la plupart des téléspectateurs, son manque de connaissance sur les dossiers sensibles est inacceptable.
Au Gabon, Alexandre Barro Chambrier fait partie des 19 candidats qui convoitent le fauteuil presidentiel. Si il semble se débrouiller sur les réseaux sociaux, ce n’est pas du tout le cas quand il est face à des journalistes. En effet, vendredi dernier il était sur le plateau de l’émission 52 minutes pour convaincre sur Gabon 24. Lors de son passage, il a livré une prestation que beaucoup jugent peu convaincante. Pour certains observateurs, il s’est tiré une balle dans le pied.
L’économiste qui fait l’étalage de sa méconnaissance sur le taux d’endettement de son pays
Pourtant economiste de formation, Alexandre Barro Chambrier a donné des informations totalement erronées sur l’encours de la dette au Gabon. « En 2022, nous étions au-delà de 70 % en termes d’encourt de dette », a affirmé le président du RPM. Ce qui est totalement faux. D’une part, le chiffre officiel (délivré par les instances internationales) n’est pas encore connu. D’autre part, selon les estimations de la Banque mondiale, les plus fiables, qui sont en attente de confirmation, « en 2022, l’encours de la dette publique (au Gabon) devrait encore baisser à 52,6 % du PIB, poursuivant sa trajectoire descendante à moyen terme. »
Cette affirmation du candidat du RPM s’apparente beaucoup plus à une fake news, dont le seul but est de manipuler les gabonaises et les gabonais. Ce n’est pas la première fois qu’il tente ce genre de coup. Cette tentative n’est pas la première et elle est loin d’être la dernière.
Candidature unique de l’opposition : évasif et flou, ABC manque de marquer des points
« Il ne peut plus y avoir de candidature unique puisque beaucoup de personnalités (de l’opposition) veulent aller jusqu’au bout de leur candidature. Et nous sommes déjà 18 candidats, face au président sortant », a-t-il déclaré sur le plateau de Gabon 24, fuyant la véritable question qui portait en réalité sur une candidature commune au sein d’alternance 2023.
Face à des journalistes percutants qui n’ont pas hésité à le relancer sur cette même question, Alexandre Barro Chambrier répond : « Ce sont les Gabonais qui vont choisir. Evidemment, nous devons leur faciliter les choses pour choisir un candidat consensuel, celui qui recueille le consensus. Celui sur lequel les Gabonaises et les Gabonais s’accordent pour dire voilà notre cheval. C’est lui qui pourra être désigné par des instances pour compétir au nom de l’opposition ».
Des déclarations absconses, d’autant plus qu’à 20 jours de l’élection présidentielle, Alternance 2023 montre toujours des signes de faiblesse quant à la désignation d’une candidature commune.
Alexandre Barro Chambrier misogyne ?
« L’Etat de droit, c’est le fait que les lois dans notre pays tiennent compte (…) de nos us et coutumes et non des lois qui sont importés d’ailleurs en matière de comportement et autres », a t-il fait savoir. Ces propos sont une attaque à l’endroit de la femme gabonaise qui a vu ses droits renforcés au cours de ces dernières années au Gabon. Pour lui, la femme est toujours appelée à jouer les seconds rôles au sein de la société gabonaise. Une faute grave de sa part, surtout quand on sait que l’électorat féminin a un poids important dans le pays.
