Au Gabon, un phénomène préoccupant persiste dans les relations intimes : lors de rapports sexuels, ce sont souvent les femmes qui ne demandent pas au partenaire de mettre un préservatif. Un constat que soulèvent de plus en plus de professionnels de santé, de sociologues et d’acteurs de terrain impliqués dans les programmes de prévention des risques sexuels.
Plusieurs raisons peuvent expliquer ce comportement. D’abord, le poids des normes sociales et culturelles. Dans certaines relations, la femme hésite encore à imposer l’usage du préservatif de peur d’être perçue comme suspecte, infidèle, ou comme quelqu’un qui « ne fait pas confiance ». Cette pression psychologique pousse beaucoup à privilégier l’harmonie du couple au détriment de leur propre protection.
À cela s’ajoute une forme de dépendance affective ou financière. Certaines femmes, notamment les plus jeunes ou les plus vulnérables économiquement, craignent qu’insister sur l’usage du préservatif ne provoque un conflit, un rejet ou une rupture du soutien qu’elles reçoivent. Dans ces contextes, le pouvoir de négociation est fortement déséquilibré.
Le manque d’information joue également un rôle important. Bien que les campagnes de sensibilisation existent, beaucoup de personnes restent mal informées sur les risques réels d’infections sexuellement transmissibles (IST), ou pensent à tort qu’un partenaire « connu » ou « régulier » est forcément un partenaire sûr.
Enfin, il y a l’influence de l’alcool, de la spontanéité du moment et du sentiment de confiance, qui peut conduire à des rapports non protégés, même chez des personnes normalement prudentes.
Pour les spécialistes, il est urgent de redoubler d’efforts en matière d’éducation sexuelle, d’autonomisation des femmes, et de rupture des tabous autour de la négociation du préservatif dans le couple. Ils rappellent que la protection doit être une responsabilité partagée, et surtout un droit dont aucune femme ne devrait se sentir privée.
