Au Palais de Justice de Libreville, la rentrée judiciaire 2026-2027 a posé une exigence centrale : la refondation doit se traduire par une justice impartiale, accessible et digne de la confiance des Gabonais. Présent à l’audience solennelle, Brice Clotaire Oligui Nguema a marqué l’importance accordée à cette ambition dans la Ve République.
La robe ne suffit pas à faire l’exemplarité
L’autorité d’un magistrat se construit dans les décisions qu’il rend. C’est autour de cette exigence que s’est articulée la rentrée judiciaire des Cours et Tribunaux du Gabon, à laquelle a pris part le président de la République, également président du Conseil supérieur de la magistrature. Éthique, probité, impartialité, indépendance et respect de la loi ont traversé les différentes interventions. Derrière ces principes, un enjeu concret : faire en sorte que chaque citoyen puisse se présenter devant un tribunal avec la conviction que ses droits pèseront davantage que le statut ou les relations de son adversaire.
Le favoritisme n’a pas sa place au tribunal
La refondation de l’appareil judiciaire engage la manière même de rendre la justice. Moderniser les bâtiments et améliorer les conditions de travail sont des avancées nécessaires, mais la crédibilité de l’institution repose aussi sur la conduite de ceux qui l’incarnent. Une décision doit procéder du droit, à l’abri des intérêts particuliers et du favoritisme. Pour les justiciables, l’attente est claire : être entendus avec équité, obtenir une décision dans un délai raisonnable et bénéficier du même traitement, quelle que soit leur condition sociale. C’est à cette épreuve quotidienne que se jugera la transformation annoncée.

Trois hauts magistrats, une responsabilité majeure
Cette rentrée a également été marquée par l’installation de hauts magistrats nommés à l’issue des travaux du Conseil supérieur de la magistrature tenus à Port-Gentil. André Wora Alonda a été installé comme premier président de la Cour de cassation, Jean-Gaspard Mintsa Ondo comme commissaire général à la loi près le Conseil d’État, et Pamphile Moussavou Ibouanga comme premier président de la Cour des comptes. Dans leurs interventions, les nouveaux responsables ont placé leurs fonctions sous le signe de l’exemplarité et du respect scrupuleux des règles professionnelles. Ces engagements portent une responsabilité majeure : donner une traduction concrète aux principes affichés, dans le fonctionnement des juridictions comme dans la qualité des décisions rendues.

Des infrastructures nouvelles, une attente de résultats
Le bilan de l’exercice écoulé fait état d’avancées destinées à améliorer le service public de la justice. L’ouverture du Tribunal d’Akanda et la livraison du complexe judiciaire du Tribunal de Libreville, qui rassemble désormais les juridictions du premier degré en un même lieu, participent à cet effort. Ces équipements doivent faciliter l’accès des populations à la justice et améliorer les conditions d’exercice des professionnels. Leur portée se mesurera toutefois dans le service effectivement rendu : l’accueil des justiciables, le traitement des dossiers et la capacité des juridictions à répondre aux demandes qui leur sont soumises.

La confiance des Gabonais sera le véritable verdict
Par sa présence à cette audience solennelle, Brice Clotaire Oligui Nguema a souligné la place institutionnelle de la justice dans la Ve République. La clôture officielle de l’année judiciaire 2025-2026 et l’ouverture de l’exercice 2026-2027 fixent désormais le cadre d’une nouvelle étape. Le défi est de faire vivre ensemble modernisation et intégrité. Car la force d’une justice se reconnaît à l’équité de ses décisions, à l’indépendance de ses magistrats et à la confiance des citoyens. Après les engagements prononcés au Palais de Justice, c’est dans les tribunaux, dossier après dossier, que cette ambition devra prendre corps.

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