Au Gabon, l’État enclenche une opération foncière d’une ampleur inédite. Depuis le 1er février 2026, la Société nationale immobilière (SNI) reçoit les habitants d’Essassa pour régulariser des situations parfois vieilles de plusieurs décennies. Au total, 5 100 familles dans le Grand Libreville sont concernées, dont 1 500 à Essassa, épicentre d’un urbanisme longtemps informel. L’objectif est clair : transformer des occupants précaires en propriétaires légitimes, dans un pays où l’accès au titre foncier reste historiquement complexe.
La mesure, impulsée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema et mise en œuvre par le ministre du Logement Mays Mouissi, repose sur un principe simple mais structurant : seuls les occupants ayant effectivement bâti, maison achevée ou en cours peuvent prétendre à la régularisation. Les terrains nus ou spéculatifs sont exclus, dessinant une ligne de partage nette entre habitat réel et appropriation opportuniste du foncier.

L’attractivité du dispositif repose aussi sur ses tarifs : 600 000 FCFA pour les parcelles jusqu’à 2 000 m², 1,2 million FCFA jusqu’à 4 999 m². Des montants largement inférieurs aux coûts habituels du marché, qui traduisent une volonté politique assumée de corriger les inégalités d’accès à la propriété. Mais cette opportunité est limitée dans le temps : les bénéficiaires ont jusqu’au 31 mai 2026 pour en profiter.
Au-delà de la régularisation, c’est une transformation urbaine qui s’amorce. Essassa-Bikélé, vaste réserve de 1 700 hectares, doit devenir une ville nouvelle capable d’accueillir jusqu’à 500 000 habitants. Routes, ponts, équipements publics : le projet dépasse la simple question foncière pour s’inscrire dans une stratégie nationale d’aménagement et de structuration du territoire.

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