Le Gabon veut désormais convaincre par les actes et les chiffres. À Kigali, lors de l’Africa CEO Forum 2026, le président de la transition devenu chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, a multiplié les annonces économiques à l’occasion de la session spéciale « Invest in Gabon », organisée devant un parterre de dirigeants d’entreprises, de fonds d’investissement et de décideurs africains et internationaux.
Face aux investisseurs, le président gabonais a détaillé les réformes engagées depuis son arrivée au pouvoir pour rendre le climat des affaires plus attractif. Il a notamment insisté sur la révision des codes minier, pétrolier et forestier, la modernisation du système fiscal et douanier ainsi que la digitalisation progressive de l’administration. Parmi les mesures mises en avant figure la possibilité de créer une entreprise en ligne en moins de 48 heures, une réforme présentée comme un levier majeur de simplification administrative.
Au-delà des réformes techniques, le chef de l’État a surtout défendu une nouvelle doctrine économique : transformer localement les matières premières afin de réduire la dépendance du pays aux exportations brutes. Cette stratégie s’inscrit dans le cadre du Programme National de Croissance et de Développement 2026-2030, présenté comme la feuille de route destinée à accélérer la diversification de l’économie gabonaise.
Durant son intervention, Brice Oligui Nguema a également identifié les secteurs considérés comme prioritaires pour les investisseurs étrangers : l’énergie, les infrastructures, l’eau et l’assainissement, le logement social, l’agriculture ainsi que les infrastructures sanitaires et éducatives. L’objectif affiché par Libreville est de mobiliser des capitaux capables d’accompagner la transformation structurelle du pays tout en répondant aux besoins sociaux.
Le président gabonais a enfin consacré une partie importante de son discours au gigantesque projet de Belinga. Ce gisement de fer, considéré comme stratégique, doit s’appuyer sur un consortium international chargé de construire une ligne ferroviaire de près de 450 kilomètres, un port en eau profonde et plusieurs barrages hydroélectriques destinés à soutenir la transformation industrielle du minerai. À Kigali, le Gabon a clairement tenté de se présenter comme l’un des futurs pôles industriels et logistiques d’Afrique centrale.

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