De l’industrie aux grands ouvrages urbains, en passant par la diplomatie et les nouvelles technologies, Brice Clotaire Oligui Nguema a consacré une nouvelle journée de sa visite en Côte d’Ivoire à l’observation de projets structurants. Une immersion qui traduit une volonté assumée : identifier les expériences africaines capables d’alimenter concrètement la modernisation du Gabon.
Une nouvelle ambition pour la représentation diplomatique gabonaise
La séquence a débuté sur un terrain hautement symbolique : celui destiné à accueillir la future résidence de l’ambassadeur du Gabon en Côte d’Ivoire ainsi que des logements pour des diplomates gabonais. Sur place, le président Brice Oligui Nguema a constaté l’état d’un projet ancien, engagé mais jamais mené à son terme.

Plutôt que de conserver des infrastructures jugées inadaptées aux nouvelles ambitions du pays, le Chef de l’État a demandé leur démolition complète afin de repartir sur de nouvelles bases. L’objectif affiché est clair : offrir à la représentation gabonaise en Côte d’Ivoire un ensemble moderne, fonctionnel et conforme au standing que Libreville souhaite désormais donner à son appareil diplomatique. Au-delà de l’immobilier, c’est aussi l’image du Gabon à l’étranger que le président entend repositionner.
Chez SHIBA, l’industrie ivoirienne comme source d’inspiration
Brice Oligui Nguema s’est ensuite plongé au cœur de l’industrie ivoirienne en visitant l’usine SHIBA, présentée comme la première unité du pays spécialisée dans la fabrication de sacs en papier kraft, d’emballages et de différents contenants destinés aux marchés ivoirien et régional.
La particularité de cette usine n’a rien d’anodin : elle est entièrement financée par des capitaux ivoiriens. Un exemple de mobilisation de l’investissement privé national que le président gabonais a pu observer directement à travers les chaînes de production et les échanges avec les responsables de l’entreprise. Dans un Gabon engagé dans une politique de transformation locale de ses ressources et de diversification économique, cette expérience ouvre naturellement la réflexion sur de possibles coopérations industrielles, des transferts de savoir-faire et le développement d’unités de production capables de réduire les importations.

La Tour F, symbole d’une Afrique qui ose construire grand
Autre étape spectaculaire de cette journée : la Tour F de la cité administrative d’Abidjan, appelée à devenir le plus haut immeuble d’Afrique subsaharienne. Par ses dimensions et son architecture, le projet illustre la profonde transformation du paysage urbain ivoirien et les ambitions infrastructurelles affichées ces dernières années par les autorités du pays.
Face à cet ouvrage emblématique, Brice Oligui Nguema a salué les transformations entreprises sous la présidence d’Alassane Ouattara. Mais le message envoyé dépasse la seule Côte d’Ivoire. Le président gabonais a rappelé que son propre pays s’était lui aussi engagé dans une dynamique de modernisation, estimant plus largement que « l’Afrique entière demeure en marche ». Une manière de défendre une vision du développement africain fondée non plus uniquement sur l’observation de modèles extérieurs au continent, mais également sur la capacité des États africains à apprendre les uns des autres.

Le 4ᵉ pont d’Abidjan, vitrine de la ville intelligente
La visite du 4ᵉ pont d’Abidjan a donné une dimension encore plus concrète à cette immersion. Infrastructure stratégique pour la mobilité dans la capitale économique ivoirienne, l’ouvrage permet de désengorger plusieurs axes majeurs tout en améliorant les connexions entre différentes communes de l’agglomération.
Brice Oligui Nguema s’est particulièrement intéressé au péage intelligent, au centre de supervision, aux systèmes de gestion du trafic ainsi qu’aux mécanismes d’intervention d’urgence. Autant de technologies qui démontrent qu’un grand ouvrage ne se résume plus au béton et aux voies de circulation : il doit désormais intégrer la donnée, la sécurité, l’anticipation des incidents et la fluidification des déplacements. Des problématiques qui trouvent un écho direct au Gabon, notamment dans le Grand Libreville, confronté depuis plusieurs années à une pression croissante sur ses infrastructures routières et urbaines.
Développer sans abandonner les populations
La dernière étape de la journée a probablement porté sur l’un des enjeux les plus sensibles des grands chantiers africains : le sort des populations directement affectées par les projets d’aménagement. Le Chef de l’État gabonais a ainsi visité plusieurs sites destinés au recasement de ménages concernés notamment par la construction du 4ᵉ pont.
L’intérêt de cette séquence réside dans l’articulation entre deux impératifs souvent difficiles à concilier : accélérer la construction des infrastructures tout en garantissant des solutions de relogement acceptables aux habitants déplacés. En observant les mécanismes ivoiriens, Brice Oligui Nguema place ainsi la question sociale au cœur de la réflexion sur les futurs grands chantiers gabonais, alors que plusieurs projets de routes, de ports, d’énergie et d’aménagement urbain doivent modifier profondément certains territoires du pays.
D’Abidjan à Libreville, une diplomatie qui veut ramener des solutions
Cette journée ivoirienne dépasse ainsi le cadre protocolaire d’une visite présidentielle. Elle révèle une méthode : observer, comparer, identifier les expériences réussies et déterminer ce qui peut être adapté au contexte gabonais.
Industrie, mobilité urbaine, immobilier administratif, technologies, recasement des populations : chacun des sites visités renvoie à des défis auxquels le Gabon est lui-même confronté. Pour Brice Oligui Nguema, la diplomatie doit désormais produire davantage que des déclarations et des photographies officielles. Elle doit aussi servir à ramener des idées, des partenariats, des compétences et des solutions.
À Abidjan, le président gabonais donne ainsi corps à une diplomatie de résultats, tournée vers un objectif central : transformer les expériences africaines réussies en leviers concrets pour accélérer la modernisation du Gabon.

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