Le Gabon veut désormais inscrire la question des violences faites aux femmes et aux enfants au cœur de sa stratégie sanitaire et humanitaire. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu ce mardi à Libreville le professeur Denis Mukwege, au terme d’une session de formation destinée aux officiers de santé et médecins militaires gabonais.
Organisée à l’École d’Application du Service de Santé Militaire de Libreville, cette formation visait à renforcer les capacités des personnels médicaux dans la prise en charge des victimes de violences en période de conflit. Les modules abordés ont porté aussi bien sur les soins médicaux que sur l’accompagnement psychologique et humain des femmes et des enfants confrontés à des traumatismes extrêmes.
Figure mondiale de la lutte contre les violences sexuelles utilisées comme arme de guerre, Denis Mukwege a partagé son expérience acquise auprès des victimes en République démocratique du Congo. Son approche, fondée sur la dignité humaine, la reconstruction psychologique et la lutte contre l’impunité, constitue aujourd’hui une référence internationale dans le domaine de la santé humanitaire.
Au cours des échanges, les autorités gabonaises ont rappelé que les violences sexuelles en contexte de guerre demeurent une violation grave des droits humains, condamnée notamment par les résolutions 1325 et 1820 du Conseil de sécurité des Nations unies. Libreville souhaite ainsi renforcer ses mécanismes de prévention, de protection et d’assistance face à ces crimes qui affectent durablement les sociétés africaines.
À l’issue de l’audience, Denis Mukwege a salué l’engagement du Gabon dans le développement des compétences médicales locales. En accueillant cette initiative, Brice Oligui Nguema entend positionner le pays comme un acteur régional majeur dans les domaines de la santé humanitaire, de la protection des populations civiles et de la prise en charge des victimes de violences.

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