Stocks mobilisés, distribution temporairement rationnée et navire d’importation attendu : face aux tensions qui touchent plusieurs stations du Grand Libreville depuis le 30 septembre, le gouvernement active son dispositif d’urgence. Le ministère du Pétrole et du Gaz annonce une normalisation à compter du dimanche 4 octobre, sans hausse annoncée des prix à la pompe.
Les réserves mobilisées pour éviter l’asphyxie
La tension sur le gasoil menace directement les déplacements et l’activité économique. Pour les taxis, les transporteurs et les entreprises, chaque difficulté à faire le plein peut se transformer en perte de revenus ou en retard de livraison. Dans son communiqué du 2 octobre, le ministère du Pétrole et du Gaz attribue les perturbations à une baisse des stocks disponibles chez les distributeurs. En réponse, les réserves de la Société gabonaise d’entreposage des produits pétroliers (SGEPP) ont été mises à leur disposition. L’objectif est immédiat : maintenir la distribution et empêcher que les difficultés ne se prolongent.
Un rationnement provisoire, une échéance annoncée
Pour préserver les volumes disponibles, les autorités ont instauré un rationnement temporaire dans l’attente d’un navire d’importation, prévu dans la soirée du samedi 3 octobre. Cette cargaison doit permettre de reconstituer les stocks et de rétablir progressivement l’approvisionnement des stations. Le ministère annonce un retour à la normale à partir du dimanche 4 octobre. Cette échéance constitue désormais le premier rendez-vous concret de la réponse gouvernementale : les usagers attendent de pouvoir retrouver du gasoil sans multiplier les détours et les files d’attente.
À la pompe, le gouvernement maintient le bouclier des prix
La disponibilité du carburant est sous pression, mais aucune augmentation des tarifs n’est annoncée. Le litre de gasoil reste fixé à 575 FCFA, contre 595 FCFA pour l’essence. Pour soutenir cette stabilité, l’enveloppe consacrée aux subventions aux carburants a été portée à 55,3 milliards de FCFA en 2026, contre environ 12 milliards dans la loi de finances initiale. Le gouvernement avait finalement renoncé à la suppression de ce soutien envisagée au début de l’année, en raison de ses conséquences économiques et sociales. Le choix engage les finances publiques, mais vise à éviter qu’une hausse du carburant ne se répercute sur les transports et le coût de la vie.
Raffiner et stocker : s’attaquer à la fragilité du système
Réapprovisionner les stations répond à l’urgence. Réduire la fréquence de ces tensions exige des capacités industrielles plus solides. La SOGARA, en activité depuis 1967, ne couvre pas l’ensemble des besoins nationaux, obligeant le Gabon à importer une partie de ses carburants. Plusieurs initiatives visent à réduire cette dépendance : un accord signé en octobre 2025 avec China Road and Bridge Corporation pour une nouvelle raffinerie à Port-Gentil, des contrats d’études confiés à Technip Energies en avril 2026 et des capacités de stockage supplémentaires prévues. L’audit de la SOGARA lancé en août complète cette démarche. Ces projets devront se traduire en installations opérationnelles pour renforcer durablement la sécurité d’approvisionnement.
Protéger aujourd’hui, mieux cibler demain
Le soutien aux carburants soulève aussi la question de ses bénéficiaires. Selon les données de la Banque mondiale citées, 96 % des subventions profiteraient à la moitié la plus aisée de la population. Le Registre social unique, lancé en juillet 2026, et le recensement des Gabonais économiquement faibles engagé en septembre doivent aider à mieux identifier les ménages vulnérables. Pour l’État, le défi consiste donc à maintenir une protection immédiate tout en améliorant l’efficacité de la dépense publique. Dans les stations, cependant, l’attente reste simple : du gasoil disponible au prix annoncé. La mobilisation est engagée ; son premier résultat se mesurera à la pompe dès le 4 octobre.

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