Du Gabon au gouvernement québécois, le parcours est spectaculaire. Élu député des Plaines le 5 octobre 2026, Dieudonné Ella Oyono a été nommé, le 21 octobre, ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur. Seize jours après son élection, ce Québécois d’origine gabonaise accède à une responsabilité majeure, également chargé de la région de Laval. Une ascension qui donne à la diaspora gabonaise une belle raison de relever la tête.
De Libreville à Montréal, vingt-cinq ans pour construire son destin
Avant les responsabilités ministérielles, il y a eu les études, le départ et la construction patiente d’une nouvelle vie. Formé en sciences économiques à l’Université Omar-Bongo de Libreville, Dieudonné Ella Oyono arrive au Québec en 2001, à 27 ans, pour poursuivre des études doctorales à Montréal grâce à une bourse gabonaise. Son parcours s’inscrit donc sur vingt-cinq ans, et non vingt. Il enseigne ensuite à l’Université du Québec à Montréal et rejoint l’administration québécoise, notamment dans les secteurs de l’agriculture et de l’économie.
Cette trajectoire associe enseignement, service public et développement économique. Elle le conduit également à exercer des responsabilités à la Ville de Montréal. Derrière la nomination se trouve ainsi une expérience professionnelle construite dans les institutions de sa société d’accueil. L’ancien étudiant venu du Gabon a progressivement acquis les compétences et l’ancrage nécessaires pour participer à leur direction.
Une défaite, des années d’engagement, puis les portes du gouvernement
Son ascension politique n’a rien d’un cadeau tombé du ciel. Engagé au Parti québécois depuis 2012, Dieudonné Ella Oyono connaît une première défaite électorale en 2018 dans Saint-Henri–Sainte-Anne. Il poursuit son engagement et préside le parti de 2019 à 2021. En octobre 2026, sa victoire dans Les Plaines marque l’aboutissement de cette persévérance. Le gouvernement lui confie ensuite un portefeuille réunissant les relations internationales, la Francophonie et le commerce extérieur.
Une précision compte : il entre au gouvernement du Québec, une province canadienne, et non au gouvernement fédéral du Canada. Son titre officiel n’est donc pas celui de ministre canadien des Affaires étrangères. Sa mission s’inscrit dans l’action internationale du Québec, dont le ministère défend les intérêts, soutient le rayonnement et contribue au développement économique.
Oui, un Gabonais a pu le faire !
Pour le Gabon, la portée symbolique est forte. Un homme formé à Libreville, parti poursuivre ses études à l’étranger, est aujourd’hui appelé à porter la voix du Québec sur la scène internationale. Cette réussite rappelle à la jeunesse gabonaise que ses ambitions peuvent dépasser les frontières et que ses compétences peuvent trouver leur place jusque dans les institutions politiques d’une autre société.
Elle illustre aussi une possibilité concrète d’intégration au Canada : devenir pleinement acteur de la vie publique, obtenir la confiance des électeurs et accéder au gouvernement. Un parcours individuel ne suffit pas à effacer les discriminations ni les difficultés rencontrées par d’autres immigrés. Mais celui-ci démontre que ces portes peuvent s’ouvrir. Vingt-cinq ans après son arrivée, Dieudonné Ella Oyono incarne cette promesse : venir d’ailleurs et contribuer, au plus haut niveau provincial, à décider de l’avenir commun.

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