Le Gabon veut verrouiller l’accès à l’une de ses ressources les plus emblématiques. Réuni le 18 septembre 2026, le Conseil des ministres a adopté un projet de décret interdisant l’exportation de l’Iboga et de tous ses dérivés, quelle que soit leur forme. Toute personne physique ou morale qui enfreindra cette interdiction s’exposera aux sanctions prévues par les législations pénale, forestière et douanière.
Protéger la plante et les savoirs traditionnels
Cette décision renforce un dispositif engagé dès 2019, puis consolidé par le décret du 22 mai 2026 encadrant l’exploitation, la recherche, la transformation et la commercialisation de l’Iboga. L’objectif affiché est clair : protéger cette ressource stratégique, mais également les pratiques culturelles et les savoirs traditionnels gabonais qui lui sont intimement liés.
Transformer au Gabon plutôt qu’exporter
Derrière cette interdiction se joue aussi une bataille économique. En empêchant la sortie de l’Iboga et de ses dérivés, l’État entend favoriser la recherche nationale, la transformation locale, la propriété intellectuelle et la création d’une véritable filière génératrice de revenus. Le message est limpide : le Gabon ne veut plus seulement fournir la matière première, mais conserver sur son territoire la valeur qu’elle peut produire.
Le texte adopté demeure toutefois un projet de décret dont les modalités définitives d’application devront être précisées. Producteurs, chercheurs, communautés traditionnelles et opérateurs économiques attendent désormais de connaître les conditions concrètes d’exploitation et de partage des bénéfices. Avec cette mesure, le Gabon affirme néanmoins une ambition forte : protéger l’Iboga, défendre son héritage et reprendre la maîtrise de son patrimoine biologique.

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