Le Gabon veut désormais produire davantage de ce qu’il consomme, et le secteur du ciment apparaît comme l’un des symboles de cette nouvelle orientation économique. Au Palais Rénovation, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu une délégation du groupe CIMAF conduite par son PDG Anas Sefrioui. Une rencontre qui marque une étape supplémentaire dans la politique de réindustrialisation engagée par les autorités gabonaises.
Un investissement pensé pour accompagner les grands travaux
Au cœur des discussions figure un programme d’investissement estimé à plus de 40 millions d’euros. Celui-ci prévoit notamment une troisième ligne de production ainsi qu’une extension de la clinkerie locale. L’objectif est clair : répondre à la forte hausse de la demande générée par les projets de routes, de logements et d’infrastructures publiques lancés par l’État.
Pour les autorités gabonaises, cette montée en puissance industrielle répond à une préoccupation stratégique. Jusqu’ici, une partie importante des composants nécessaires à la fabrication du ciment restait dépendante des importations. Avec l’extension envisagée, le pays entend réduire cette vulnérabilité et sécuriser son approvisionnement pour les années à venir.
L’État gabonais veut peser davantage dans la chaîne de valeur
L’autre sujet central abordé lors de l’audience concerne l’évolution du modèle économique du partenariat. Le Gabon souhaite désormais dépasser la logique classique d’accueil de capitaux étrangers pour évoluer vers une forme de co-pilotage industriel. Cette orientation traduit la volonté des autorités de jouer un rôle plus actif dans les secteurs jugés stratégiques.
Cette approche s’inscrit dans une tendance observée dans plusieurs pays africains cherchant à renforcer leur souveraineté économique. À Libreville, l’idée défendue par le pouvoir est que l’industrialisation ne peut être durable sans une maîtrise progressive des chaînes de production et des mécanismes de décision.
L’emploi présenté comme priorité politique
Le projet présenté par CIMAF comporte également un important volet social. Selon les projections évoquées, près de 1 400 emplois devraient être mobilisés pendant la phase de construction, avant la création de 500 postes permanents lors de l’exploitation du site agrandi.
Dans un contexte marqué par les attentes de la jeunesse en matière d’emploi, le gouvernement gabonais présente cette initiative comme un levier de stabilisation économique et sociale. Pour les autorités, l’industrialisation doit désormais produire des effets directs sur le quotidien des populations et non plus seulement sur les indicateurs macroéconomiques.

Leave a comment