Une néonatologie rouverte après dix ans d’interruption, des équipements modernisés et plus de 5 000 patients accueillis lors d’une opération gratuite : la Polyclinique El Rapha présente les signes d’un nouveau départ. À sa tête, Curtis Opra Andjoua défend une ambition exigeante : redonner à cet établissement de Libreville une place de référence dans les soins spécialisés, tout en renforçant son utilité auprès des populations.
Reconstruire la confiance, le chantier décisif
Une clinique peut renouveler ses équipements plus vite qu’elle ne restaure sa réputation. Pour El Rapha, l’enjeu du redressement réside précisément dans cette confiance à reconquérir après une longue période de turbulences. Créé en 2000 par le docteur Edith Lucie Bongo Ondimba, l’établissement portait une vocation forte autour de la mère et de l’enfant. Les difficultés survenues après la disparition de sa fondatrice ont fragilisé cet héritage. Curtis Opra Andjoua présente aujourd’hui une structure reconstruite autour des compétences médicales, des investissements et de l’engagement des équipes. Son défi consiste à rendre cette évolution perceptible à chaque consultation, chaque admission et chaque prise en charge.
Nouveau-nés : retrouver une mission abandonnée pendant dix ans
La fermeture de la néonatologie entre 2014 et 2024 constitue l’une des ruptures les plus marquantes de cette histoire. Sa remise en service permet à El Rapha de renouer avec une fonction essentielle : accueillir les nouveau-nés nécessitant des soins spécifiques, notamment les prématurés. Selon le directeur général, cette relance s’appuie sur un plateau technique adapté et du personnel qualifié. Elle donne au redressement une portée concrète, bien au-delà de l’image de l’établissement. Pour une clinique fondée par une pédiatre, retrouver cette capacité revient à rétablir un engagement médical central et à proposer de nouveau un accompagnement dans des situations où les familles ont particulièrement besoin de sécurité.
Réduire les détours dans le parcours de soins
Trouver une consultation, obtenir un examen, puis accéder au traitement : ces étapes peuvent devenir un parcours éprouvant lorsqu’elles sont dispersées. El Rapha entend répondre à cette difficulté en réunissant chirurgie, gynécologie-obstétrique, pédiatrie, hémodialyse, laboratoire et imagerie comprenant scanner, mammographie et échographie. La direction annonce également des urgences et une réanimation accessibles 24 heures sur 24, avec au moins deux médecins présents en permanence et une ambulance disponible à toute heure. L’intérêt de cette organisation dépendra de la coordination entre les services : les équipements doivent permettre des décisions médicales plus rapides et une prise en charge mieux suivie.
Trois jours de gratuité, une demande impossible à ignorer
L’affluence enregistrée du 16 au 18 juillet 2026 éclaire une autre dimension du projet. D’après Curtis Opra Andjoua, plus de 5 000 patients ont été reçus lors de journées proposant gratuitement consultations spécialisées, examens et médicaments. Plus de 1 000 analyses et 400 examens d’imagerie ont été réalisés. Ces chiffres montrent la demande rencontrée lorsque le coût cesse de constituer un premier obstacle. Le directeur général souligne l’accompagnement des actionnaires, Yacine Bongo Ondimba et Omar Denis Bongo Ondimba. Cette mobilisation pose désormais une question essentielle pour la suite : comment prolonger l’accès aux soins et assurer la continuité du suivi lorsque l’opération exceptionnelle prend fin ?
Curtis Opra Andjoua attendu sur la durée
Le prochain chantier annoncé concerne autant l’organisation que la technologie. Digitaliser le parcours de l’admission à la sortie, réduire les délais, former les équipes et améliorer l’accueil : Curtis Opra Andjoua veut agir sur les points qui façonnent l’expérience quotidienne des patients. Ce programme devra se traduire par des démarches plus simples, des informations compréhensibles et un accompagnement attentif. El Rapha possède une histoire et affiche une ambition renouvelée ; il lui faut désormais consolider les résultats dans le temps. Pour faire oublier les années de crise, la clinique devra donner aux patients des raisons durables de lui faire confiance.

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