Le financement de la plateforme Akoum est sécurisé. Avec 208 millions de dollars obtenus auprès de Minsheng Financial Leasing, BW Energy franchit une étape décisive vers l’exploitation du champ de Bourdon, au large du Gabon. Première production attendue au premier trimestre 2028 : derrière cette opération financière, c’est une nouvelle phase de développement du permis Dussafu Marin qui se prépare.
117 milliards FCFA pour passer à la vitesse supérieure
Bourdon franchit un cap. Dans un communiqué publié le 13 octobre 2026, BW Energy annonce avoir obtenu 208 millions de dollars, soit environ 117 milliards FCFA, pour financer intégralement sa plateforme pétrolière Akoum. Cette infrastructure doit accompagner la mise en production du champ offshore au premier trimestre 2028. En parallèle, le groupe a prolongé de dix-huit mois sa ligne de crédit renouvelable de 250 millions de dollars auprès de DNB Bank, désormais disponible jusqu’en août 2028. Deux opérations distinctes qui renforcent sa capacité à conduire ses investissements jusqu’aux prochaines échéances de production.
Une plateforme financée, des liquidités préservées
Le montage repose sur un crédit-bail d’une durée ferme de huit ans, avec une possibilité de prolongation de quatre années. Pour BW Energy, l’intérêt est concret : financer la totalité de cet équipement sans apport initial de fonds propres, tout en étalant les paiements dans le temps. Le dispositif remplace un financement de court terme qui avait permis de libérer 80 millions de dollars de liquidités. Cette souplesse financière s’accompagne toutefois d’engagements locatifs durables, répartis entre les partenaires du permis selon leurs participations : BW Energy à 73,5 %, Panoro Energy à 17,5 % et Gabon Oil Company à 9 %. À l’expiration du contrat, la plateforme doit devenir leur propriété.
Bourdon : 25 millions de barils dans le viseur
Le champ renferme environ 25 millions de barils de réserves prouvées et probables, dont près de 18 millions attribuables à BW Energy. Son développement représente un investissement net estimé à 300 millions de dollars pour le groupe, selon les données présentées lors de la décision finale d’investissement de mai 2026. Trois puits doivent lancer l’exploitation, raccordés à Akoum, issue de la reconversion de l’ancienne unité de forage Jasmine Alpha. Avec douze emplacements de puits, la plateforme offre une capacité d’extension au-delà de cette première phase. Le financement sécurisé aujourd’hui prépare ainsi une infrastructure appelée à servir plusieurs étapes de développement.
Un pari rentable, mais toujours soumis au prix du pétrole
En mai dernier, BW Energy présentait un projet affichant un taux de rentabilité interne supérieur à 25 %, sur la base d’un baril à 60 dollars, et un seuil de rentabilité actualisé estimé à 45 dollars. Ces indicateurs éclairent l’intérêt économique de Bourdon, sans garantir ses résultats futurs. Le respect du calendrier, la maîtrise des coûts et l’évolution des cours resteront déterminants. Le financement réduit une incertitude majeure ; l’exécution industrielle doit maintenant tenir ses promesses. Pour le Gabon, c’est ce passage des capitaux mobilisés aux barils effectivement produits qui donnera toute sa portée à l’annonce.
Les 200 millions de barils qui ouvrent d’autres perspectives
L’ambition de BW Energy dépasse les réserves déjà identifiées à Bourdon. La compagnie estime à environ 200 millions de barils les volumes supplémentaires de pétrole en place associés aux perspectives géologiques voisines. Ces volumes ne constituent pas des réserves exploitables acquises : des travaux complémentaires devront préciser ce qui peut être récupéré, à quelles conditions et à quel coût. Akoum doit faciliter ces développements éventuels. La prolongation du permis Dussafu Marin jusqu’en 2048, obtenue en avril 2026, apporte également un horizon suffisamment long pour envisager de nouvelles campagnes et valoriser les infrastructures.
Pour le Gabon, transformer l’investissement en retombées
Avec l’extension du complexe MaBoMo et la préparation de Bourdon, BW Energy consolide ses ambitions gabonaises. Le groupe vise une production nette mondiale supérieure à 100 000 barils par jour en 2028, contre quelque 30 000 en 2025, en s’appuyant sur ses projets au Gabon et au Brésil. Pour Libreville, l’enjeu est de renouveler les volumes produits, de valoriser le bassin de Dussafu et de concrétiser les retombées liées à la participation de GOC. Les 117 milliards FCFA annoncés financent une infrastructure pétrolière ; ils ne constituent pas une recette immédiate pour l’État. Leur véritable portée se mesurera à la mise en production de Bourdon et à sa contribution durable à l’activité pétrolière gabonaise.

Leave a comment