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Eramet sous pression : Paris prépare une recapitalisation de 328 milliards FCFA et prend l’ascendant sur l’empire Duval !

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La maison mère de Comilog doit renforcer ses finances. Une augmentation de capital de 500 millions d’euros, soit environ 328 milliards FCFA, est prévue avant la fin de 2026, avec l’État français au cœur du dispositif. Derrière cette opération se joue une redistribution du pouvoir dans un groupe stratégique pour le manganèse gabonais et l’approvisionnement européen en métaux critiques.

328 milliards FCFA pour desserrer l’étau financier

Eramet doit retrouver de l’air. Dans un communiqué publié le 12 octobre 2026, le groupe minier confirme une augmentation de capital destinée à renforcer ses fonds propres, rétablir ses équilibres financiers et respecter ses engagements bancaires. Annoncée dès février, l’opération doit désormais se concrétiser avant la fin de l’année. Les 328 milliards FCFA correspondent au montant total de la recapitalisation, auquel contribueront plusieurs actionnaires, et non à un versement intégral de l’État français. Mais Paris, à travers l’Agence des participations de l’État, entend en devenir le pivot. Pour la maison mère de Comilog, l’enjeu dépasse une simple amélioration du bilan : il s’agit de préserver sa capacité à financer ses activités et à refinancer ses dettes.

La famille Duval recule, l’État français avance

Cette intervention doit bouleverser la hiérarchie des actionnaires. Détenant actuellement 27,1 % du capital, l’État français prévoit de souscrire à hauteur de sa participation, puis de racheter tout ou partie des droits préférentiels de souscription de Sorame-CEIR, qui représente les intérêts de la famille Duval. Jusqu’ici premier actionnaire, cette dernière passerait au second rang. Un nouveau pacte encadrera cette redistribution : les droits de vote effectifs de l’État ne devront pas dépasser 49 %, tandis que Sorame-CEIR s’engage à limiter les siens à 30 %. Paris se prépare ainsi à devenir le premier actionnaire d’Eramet, avec une influence renforcée sur les orientations d’un groupe présent dans des secteurs jugés stratégiques.

Une dette de 1 225 milliards FCFA : le poids qui impose d’agir

Les chiffres éclairent l’urgence. Au premier semestre 2026, Eramet affichait une dette nette de 1,868 milliard d’euros, soit environ 1 225 milliards FCFA, malgré une réduction de 67 millions d’euros depuis décembre 2025. Le résultat net part du groupe restait déficitaire de 146 millions d’euros, contre une perte de 101 millions un an auparavant. Pourtant, l’excédent brut d’exploitation ajusté progressait de 45 %, à 276 millions d’euros. Ce contraste révèle le problème : l’amélioration opérationnelle ne suffit pas encore à rétablir les équilibres financiers. La recapitalisation doit notamment permettre d’éviter de nouvelles difficultés liées aux engagements bancaires à la mi-2027. La reprise des dividendes restera, elle, conditionnée au retour du levier d’endettement ajusté sous le seuil de 1.

Métaux critiques : Paris défend aussi ses intérêts industriels

L’État français intervient pour soutenir un groupe fragilisé, mais également pour sécuriser une position industrielle. Manganèse, nickel et lithium occupent une place stratégique dans les chaînes d’approvisionnement de la France et de l’Europe. Avant cet accord, plusieurs investisseurs avaient manifesté leur intérêt pour Eramet. Selon les informations du Financial Times rapportées dans le dossier, Orion Critical Mineral Consortium, soutenu par des capitaux américains et émiratis, envisageait notamment d’acquérir tout ou partie de la participation de la famille Duval. Ces pistes n’ont finalement pas été retenues. La solution française privilégie une montée en puissance de l’actionnaire public, dans un contexte où le contrôle des entreprises minières constitue aussi un enjeu de souveraineté économique.

Le Gabon au cœur des actifs, sans entrée annoncée dans la maison mère

Libreville avait exprimé, en mai 2026, sa volonté d’entrer directement au capital d’Eramet, au-delà de sa participation de 28,9 % dans Comilog. L’accord présenté le 12 octobre ne confirme toutefois aucune entrée du Gabon dans la maison mère. La distinction compte : détenir une participation dans Comilog et devenir actionnaire d’Eramet correspondent à deux niveaux différents d’influence et d’exposition financière. Pour le Gabon, cette recomposition concerne un partenaire majeur, propriétaire de 63,7 % de Comilog et impliqué dans le transport ferroviaire à travers Setrag. La solidité financière du groupe constitue donc un enjeu concret pour la continuité de ses activités et la conduite de ses investissements dans le pays.

Transformer le manganèse au Gabon : l’épreuve des actes

La recapitalisation intervient alors que Libreville veut accroître la transformation locale de son minerai. En juillet 2026, le Gabon et Eramet ont conclu un accord portant sur l’étude de trois projets susceptibles de transformer jusqu’à 700 000 tonnes de minerai de manganèse par an d’ici fin 2031. Ces perspectives restent à concrétiser : elles ne constituent pas encore des capacités industrielles acquises. L’augmentation de capital, attendue d’ici décembre sous réserve des conditions de marché et des autorisations réglementaires, pourrait renforcer la capacité du groupe à porter ses projets. Pour le Gabon, la mesure décisive sera leur réalisation. Paris prépare la consolidation financière d’Eramet ; Libreville attend que cette solidité se traduise en investissements, en transformation locale et en valeur ajoutée sur son territoire.

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