Libreville entend désormais exporter son expérience institutionnelle. Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu jeudi une mission conjointe des Nations Unies et de l’Union africaine venue étudier les mécanismes ayant permis au Gabon d’achever sa transition politique et de renouer avec l’ordre constitutionnel. Cette visite intervient alors que Madagascar s’est engagé dans un vaste chantier de refondation institutionnelle et souhaite s’inspirer de l’expérience gabonaise.
Conduite par Mohamed Idrissa Farah, envoyé spécial du président de la Commission de l’Union africaine pour Madagascar, et Parfait Onanga-Anyanga, représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies auprès de l’Union africaine, la délégation a échangé avec le chef de l’État sur les différentes étapes qui ont jalonné la transition ouverte en août 2023. Les discussions ont porté sur les réformes politiques, le dialogue national, le calendrier de transition ainsi que les mécanismes ayant favorisé un retour progressif aux institutions constitutionnelles.
Face à ses interlocuteurs, Brice Oligui Nguema a défendu une méthode reposant sur quatre piliers : l’inclusivité des acteurs politiques et sociaux, le respect des engagements pris devant la population, la préservation de la paix civile et la recherche permanente du consensus national. Selon le président gabonais, ces choix ont permis d’organiser des élections jugées libres, transparentes et crédibles, tout en consolidant les institutions de la République.
La mission internationale s’est également intéressée aux réformes institutionnelles engagées depuis la transition. Modernisation du cadre électoral, renforcement de la transparence, réorganisation des institutions et affirmation de la souveraineté nationale figurent parmi les éléments présentés comme les principaux acquis du processus gabonais. Pour Libreville, ces transformations ont contribué à restaurer la confiance entre les citoyens et les pouvoirs publics.
En choisissant le Gabon comme terrain d’observation, les Nations Unies et l’Union africaine adressent un signal politique fort. L’expérience gabonaise est désormais étudiée au-delà de ses frontières comme une référence susceptible d’accompagner d’autres États africains engagés dans des transitions complexes. Pour Madagascar, qui prépare une réforme constitutionnelle, un dialogue national et de futures échéances électorales, cette coopération pourrait servir de feuille de route dans la conduite de ses propres réformes.

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