Porté par une dynamique exceptionnelle à son arrivée au pouvoir, Brice Oligui Nguema conserve aujourd’hui une assise populaire réelle, que l’on peut estimer autour de 65 % d’opinions favorables. Héritée de la rupture avec l’ancien système et consolidée par une image de leader proche du peuple, cette popularité initiale continue de structurer une base solide, notamment chez les jeunes et les partisans d’un changement radical de gouvernance.
Mais depuis le début de l’année 2026, les signaux observés sur les réseaux sociaux traduisent une inflexion notable. Certaines décisions, notamment liées à la régulation de l’espace numérique, ont suscité incompréhensions et critiques. La suspension temporaire des réseaux sociaux et les mesures d’identification obligatoire ont alimenté un débat intense sur les libertés publiques, fragilisant l’image d’un pouvoir jusque-là largement plébiscité.
Dans cet environnement digital désormais plus fragmenté, l’opinion se structure autour de trois pôles. D’un côté, les soutiens fidèles continuent de défendre une ligne d’autorité et de stabilité. De l’autre, une frange critique, de plus en plus audible, dénonce un tournant jugé restrictif. Entre les deux, une majorité silencieuse observe, attend des résultats concrets sur le plan économique et social, et conditionne son soutien à des avancées tangibles.
Ainsi, Brice Oligui Nguema entre dans une nouvelle phase de son mandat : celle de la consolidation. Plus qu’un rejet, c’est une érosion progressive qui se dessine, typique des transitions post-rupture. Le défi n’est plus de séduire, mais de convaincre durablement, dans un espace numérique devenu à la fois baromètre et amplificateur des attentes populaires.

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