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Justice : Eddy Minang au bord de la révocation, l’ultime décision revient à Brice Oligui Nguema

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Suspendu il y a quelques semaines, Eddy Narcisse Minang pourrait désormais être définitivement écarté de la magistrature. Réuni le mardi 25 août 2026 à Libreville, le Conseil de discipline du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) aurait proposé la révocation du procureur général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville. Une sanction d’une extrême gravité, dont l’application définitive devra toutefois être entérinée par le CSM en formation plénière, présidé par le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema.

De la suspension à la menace de révocation

Cette proposition marque un tournant décisif dans une procédure engagée depuis plusieurs semaines. Après avoir été auditionné à la présidence de la République, puis suspendu à titre conservatoire pour une durée de trois mois par le garde des Sceaux, Eddy Narcisse Minang avait été convoqué devant le Conseil de discipline. Selon plusieurs sources concordantes du milieu judiciaire, l’instance aurait finalement retenu contre lui la sanction la plus lourde prévue par le régime disciplinaire de la magistrature gabonaise : la révocation.

Deux dossiers examinés lors de la même audience

Le rôle établi par le Secrétariat permanent du CSM révèle que le nom d’Eddy Narcisse Minang apparaissait à deux reprises, aux dixième et onzième positions. Deux dossiers distincts auraient ainsi été examinés au cours de la même audience. Si le document ne dévoile ni les griefs reprochés au magistrat, ni les réquisitions formulées contre lui, cette double inscription traduit l’importance du contentieux disciplinaire auquel il devait répondre. Fait notable, plusieurs sources affirment qu’il ne se serait pas présenté à l’audience et que la proposition de sanction aurait donc été arrêtée en son absence.

Une procédure entourée de contestations

Depuis le début de l’affaire, la régularité de la procédure fait débat. Au moment de la suspension conservatoire, un magistrat interrogé par GabonReview avait notamment estimé que le ministre de la Justice aurait dû saisir préalablement le président du CSM avant de prendre une telle mesure. Cet argument n’a cependant pas empêché la procédure de suivre son cours jusqu’au Conseil de discipline. Le dossier pourrait néanmoins connaître de nouveaux développements si la défense décidait de contester les conditions dans lesquelles la sanction a été proposée.

Quinze jours pour contester, le président de la République pour trancher

Eddy Narcisse Minang disposerait désormais d’un délai de quinze jours pour saisir le Conseil d’État. Il pourrait également former un recours gracieux auprès de Brice Clotaire Oligui Nguema, président du Conseil supérieur de la magistrature. La révocation n’est donc pas encore définitivement acquise : le dernier mot reviendra au CSM réuni en formation plénière. Entre recours juridictionnel, décision institutionnelle et éventuelle validation présidentielle, l’avenir du procureur général se joue désormais dans une phase décisive. Une chose est certaine : jamais Eddy Minang n’avait été aussi proche d’une sortie définitive de la magistrature.

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