À quelques heures d’affronter le Maroc puis le Niger dans les éliminatoires de la CAN 2027, une absence crève les yeux dans la liste de Sébastien Migné : celle d’Axel Méyé. Le sélectionneur a convoqué sept attaquants, mais s’est privé de l’un des rares véritables avant-centres gabonais en pleine réussite. Une décision difficilement compréhensible au regard de la forme actuelle du joueur et des besoins offensifs des Panthères.
Trois buts en deux matchs : que fallait-il faire de plus ?
Axel Méyé n’est ni blessé, ni sans club, ni en manque de compétition. À 31 ans, l’attaquant évolue à Al-Seeb, champion d’Oman en titre et club habitué à jouer les premiers rôles. Dès ses deux premières journées de championnat, il a frappé très fort : un doublé contre Bahla, puis un nouveau but face à Sur. Trois buts en deux rencontres, auxquels s’ajoutent plusieurs passes décisives signalées dans ses prestations récentes. Il a également disputé l’intégralité du match de Ligue des champions asiatique face à Al-Shorta, preuve qu’il est bien considéré comme un titulaire dans son club.
Alors, comment expliquer qu’un avant-centre gabonais, titulaire chez le champion d’Oman et immédiatement décisif, ne trouve pas sa place parmi 24 joueurs convoqués ? Que devait-il faire de plus pour mériter au minimum d’être observé durant ce rassemblement ? Marquer davantage ? Changer de championnat ? Ou simplement bénéficier d’une meilleure exposition médiatique ?
Un véritable avant-centre, pas un ailier recyclé
Le problème n’est pas seulement statistique. Il est aussi tactique. Axel Méyé possède un profil dont les Panthères ne peuvent pas facilement se passer : celui d’un véritable joueur de surface capable de servir de point d’appui, de jouer dos au but, de fixer les défenseurs centraux et de libérer les espaces pour Denis Bouanga, Shavy Babicka ou Jim Allevinah.
Bouanga est redoutable lorsqu’il peut partir d’un côté, attaquer les espaces et se projeter autour d’un avant-centre. Lui demander de jouer seul en pointe revient à réduire une partie de ses qualités. Face au Maroc, le Gabon aura probablement besoin d’un attaquant capable de conserver les ballons difficiles et de faire remonter le bloc. Contre le Niger, qui pourrait défendre plus bas, il faudra au contraire une présence constante dans la surface. Dans les deux scénarios, le profil d’Axel Méyé avait toute sa place.
Sept attaquants convoqués, mais combien de vrais numéros 9 ?
Sébastien Migné a retenu Teddy Andami, Denis Bouanga, Shavy Babicka, Orphé Mbina, Jim Allevinah, Jordi Ella et Junior Effaghe. Cette liste offre de la vitesse, de la mobilité et de la percussion. Mais accumuler les attaquants ne garantit pas la complémentarité des profils. Une équipe peut compter sept joueurs offensifs et manquer malgré tout d’un véritable point de fixation.
L’absence d’Axel Méyé devient encore plus incompréhensible avec le retrait de Pierre-Emerick Aubameyang et les forfaits confirmés de Mario Lemina et Jim Allevinah. Dans une sélection déjà privée de plusieurs cadres, se passer volontairement d’un attaquant expérimenté, compétitif et en confiance ressemble à un luxe dangereux.
Un choix sportif ou une énorme faute d’appréciation ?
Le sélectionneur reste naturellement maître de ses choix. Il peut préférer un autre système ou vouloir ouvrir un nouveau cycle. Mais un choix doit pouvoir être défendu par des arguments sportifs cohérents. Or, en l’absence d’une blessure, d’une suspension ou d’un problème disciplinaire rendu public, l’éviction d’Axel Méyé ne repose sur aucune évidence.
Sa présence n’aurait empêché ni le renouvellement de l’effectif ni l’intégration des jeunes. Elle aurait simplement offert au Gabon une solution offensive supplémentaire et un plan B crédible. Dans une campagne qualificative où chaque point pèsera lourd, écarter un joueur capable de convertir une demi-occasion peut coûter très cher.
Axel Méyé apparaît donc comme le grand oublié de cette sélection. Et si les Panthères venaient à manquer de présence, de puissance ou d’efficacité devant le but contre le Maroc et le Niger, une question poursuivra inévitablement Sébastien Migné : comment a-t-on pu laisser à la maison l’avant-centre gabonais le plus en forme du moment ?

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